Les Amazones sont un peuple mythique dirigé par des femmes et qui apparaît dans de nombreux mythes lorsqu’elles doivent lutter contre les Grecs.

 

          

2014-Rome-765 musée Capitolin tête dAmazonePhoto Michel Ledeuil :Musée Capitolin à Rome

Le Pays des Amazones

Selon les sources, elles habitent soit sur les rives du fleuve Thermodon en Cappadoce, soit sur les rives du Pont-Euxin, c’est à dire le long de la Mer Noire.


Elles interviennent de nombreuses fois dans les guerres que se livrent les Grecs et menacent de prendre Athènes. Il est donc préférable de les situer de part et d’autre du Bosphore ou dans les montagnes de la Thrace. Thémiscyra qui était un port situé sur le Pont-Euxin serait leur capitale, mais ceci n’est pas avéré et il est probable que les Amazones étaient un peuple semi-nomade.

 

Leur culture

Les Amazones sont administrées par un conseil composé uniquement de femmes. Le conseil exerce un pouvoir absolu sur l’ensemble des tribus et choisit une reine qui est chargée de faire respecter l’ordre moral et de faire la guerre aux ennemis qui envahissent les territoires qu’elles contrôlent.


Elles vivent de la cueillette et de l’élevage. Elles sont donc semi-nomades et font probablement des razzias lorsque la nourriture vient à manquer.


Les hommes avec lesquels elles s’unissent uniquement pour enfanter appartiennent à des peuplades voisines. Il s’agit le plus souvent de prisonniers qu’elles transforment en esclaves.

 

Elles suppriment leur progéniture mâle afin de préserver le pouvoir de leur sexe. Certains textes rapportent qu’elles se coupent le sein droit pour faciliter le tir à l’arc, mais il s’agit de médisance misogynique et aucun artiste qui les a représentées n’a repris la thèse de cette mutilation.

D’ailleurs, dans d’autres civilisations, comme celle des Celtes où les femmes en âge de porter l’épée, participent au combat, il n’est jamais évoqué ce type de mutilation.


Les filles des Amazones étaient formées dès leur plus jeune âge au métier des armes. Intrépides cavalières, elles se dotaient d’un bouclier léger en forme de demi-lune, d’une lance, d’un arc et parfois d’une hache en forme de francisque.

 

       

V12ITG-5955 musée national scène de combat cat-1

Photo Michel Ledeuil : combat des Amazones contre les Grecs

Les reines mythiques

Les plus connues des reines des Amazones sont Antiope, Hippolyte et Penthésilée. Les mythes les présentent comme des femmes intrépides et belles dont tombent amoureux les héros grecs comme Thésée, Héraclès et Achille.
 

2013-ITAL 3202 Erétria musée Thésée et Antiope

Photo Michel Ledeuil à Erétria

         

Cependant, ceux-ci finissent toujours par tuer celle qu’ils ont aimée, sans doute parce qu’il leur est impossible d’envisager de partager le pouvoir avec ces femmes dominatrices.

 

Les mythes répondent donc au fantasme des hommes et sont de nature à maintenir à Argos, à Thèbes ou à Athènes par exemple, la morale en usage dans l’antiquité.


Les femmes sont, dans la tradition grecque puis romaine, des génitrices, des administratives de la maison et n’ont aucun pourvoir à l’extérieur où elles ne sont admises qu’à contrecœur.

 

Les places debout qui leur sont réservées dans les théâtres antiques au temps des Euripide, Eschyle ou Sophocle sont un exemple parmi d’autres.


Dans les pièces de théâtre des mêmes auteurs, elles sont des épouses fidèles ou des recluses comme Andromaque ou des princesses maléfiques pour leur peuple ou leur entourage comme Hélène de Troie, Clytemnestre, Hermione, Antigone ou Médée.

 

 

Hippolyte et Héraclès

La reine Hippolyte assurait que le père des premières Amazones était Arès, le dieu de la guerre. Elle portait, lors de chaque expédition guerrière, une ceinture que lui aurait offerte Arès. Il s’agissait certainement d’un prétexte de cette femme pour entraîner autour d’elles les autres amazones comme Henri IV le faisait avec son « panache blanc ».


Cette ceinture fut convoitée par la fille d’Eurysthée, Admète et Héraclès fut tenu dans le cadre de ses célèbres travaux, de la lui rapporter.
Héraclès se rendit dans la capitale des Amazones, Thémiscyra qui était un port situé sur le Pont-Euxin (la Mer Noire). Hippolyte accueillit amicalement le héros grec et lui promit, bien imprudemment, de lui donner ce qu’il demanderait.


Fort heureusement, Héra apparut devant elle et la persuada de rejeter à la mer ces étrangers qui étaient venus pour s’emparer de son pays et emmener certaines d’entre elles en esclavage.


Les Amazones prirent les armes et se battirent contre les envahisseurs qui, désormais, ne cachaient plus leurs intentions. Les échauffourées sanglantes se produisirent dans toute la ville mais les Amazones furent finalement vaincues et celles qui ne purent s’enfuir dans les montagnes périrent.
Héraclès tua Hippolyte et s’empara de la ceinture pour la remettre à Eurysthée. Il avait ainsi accompli sa triste besogne.     


Antiope et Thésée

Thésée fédéra autour d’Athènes de nombreuses cités grecques et repoussa les frontières du monde grec vers le nord.


Les Amazones ravageaient, comme à chaque printemps, la Macédoine afin de voler des bœufs et emporter des hommes robustes comme esclaves.


Appelé par les populations frontalières, Thésée se porta au-devant des Amazones à la tête d’une armée bien équipée. Une série de terribles batailles s’en suivirent et Thésée réussit lors d’une échauffourée à s’emparer de la reine des Amazones Antiope.


Alors que les Amazones se repliaient dans leur montagne de Trace, Thésée emmena Antiope, en otage, jusqu’à Athènes.

 

 

     

Antiope faites prisonnière par Persée

Thésée fait prisonnier Antiope qui essaie de s'enfuir au cours de la bataille

Thésée avait abandonné Ariane qui l'avait pourtant aidé à échapper au Minotaure et était un roi célibataire. Il tomba bientôt amoureux de sa captive qui était, comme toutes les reines des Amazones, intrépide, peu farouche et pleine de charme.

 

Antiope répondit à ses avances et lui donna un fils que l’on prénomma Hippolyte.   


Ignorant la passion d’Antiope pour son geôlier, les Amazones dévastèrent l’Attique pour se venger de l’enlèvement de leur reine. Thésée se porta à leur rencontre à la tête de ses troupes. Il emporta la victoire mais Antiope, qui combattait à ses côtés, fut tuée au cours de la bataille.

 

Penthésilée et Hector

Penthésilée est la plus touchante des reines des Amazones. Elle vient aider les Troyens durant leur lutte contre les Grecs, après la mort d’Hector, mais les différentes sources issues de la mythologie ne s’accordent pas sur le motif qui l’aurait poussé à intervenir.

Dans l’Iliade (chant III, 188, 189), il est indiqué que les Phrygiens avaient combattu les Amazones auparavant et la thèse défendue dans le roman « le retour de Polycaste » prend alors tout son sens.


Penthésilée aurait à cette occasion fait prisonnier Hector et après s’être fait aimée du fils de Priam, elle l’aurait laissé repartir moyennant rançon.    
La mythologie attribue à la reine un fils nommée Caÿstros, mais elle a sans doute été obligée de l’exécuter afin que ce dernier ne puisse pas revendiquer un jour le royaume. Son amour pour ce fils et pour Hector l’amena alors à se battre auprès des Troyens.   

 

Penthésilée et Achille

Après la mort d’Hector et son inhumation, Penthésilée participe à l’attaque du camp grec avec ses compagnes.

Après avoir envoyé plusieurs Grecs au royaume d’Hadès, elle se retrouve face à Achille et essaie de l’atteindre, mais son armure le rend invincible.   


Achille désarçonne l'intrépide cavalière qui est déjà blessée et il l'achève à l'aide de son javelot.

Achille prend alors le cadavre de Penthésilée dans ses bras et en tombe amoureux. Il s'écrit : pourquoi l'ai-je tué alors qu'elle aurait été ma reine.


La rencontre de Penthésilée avec Hector, le fils de Priam, son arrivée à Troie, l'attaque qu'elle mène contre les Grecs, sa mort et la réaction d'Achille sont contées dans le roman « le retour de Polycaste ». 

           

V12-ADK-3125 musée Thorvaldsen Achille et PenthésiléePhoto M. Ledeuil : musée Thorvalsden Achille et Penthésilée


Les Amazones ont-elles existé ?

Rien ne permet d'affirmer le contraire. Dans de nombreuses civilisations, les femmes en âge de combattre se sont mêlées aux hommes pour défendre le pays.

 

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Photo Michel Ledeuil : Une Amazone

       

Il s’agit le plus souvent de peuples nomades. Elles montent à cheval, mènent les troupeaux, attaquent si nécessaire les autres tribus pour leur voler le bétail.   

 

Les Grecs anciens se sont emparés de ce mythe par opposition à leur propre civilisation dans  laquelle les femmes n'ont aucun pouvoir. Accepter que des femmes puissent participer à des combats les surprenaient et développaient leurs fantasmes.

 
Des fouilles archéologiques conduites à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, ont permis de mettre au jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C.


Dans de nombreux récits historiques, nous retrouvons des jeunes femmes capables de se battre contre l’ennemi en cas d’invasion, comme cela sera le cas dans nos contrées, lorsque les Bretons devront lutter, sous les ordres de la reine Boudicca contre les légions romaines et leurs alliés celtes. 

 

Cette belle statue de bronze prise à Berlin devant l'Alte Museum, est très représentative d'une Amazone sans ses armes.  

 


Les Amazones et les artistes

Les Amazones ont inspiré de nombreux artistes. Nous pouvons distinguer les oeuvres qui illustrent une scène de la mythologie grecque et celles qui ne sont qu'un prétexte pour montrer les jeunes femmes guerrières en action.

 

La première photo ci-dessous présente la capture d'Antiope par Thésée. Il s'agit d'une métope d'un des temples de Sélinunte en Sicile. Elle est désormais exposée dans le magnifique musée archéologique de Palerme.

 

La deuxième photo présente le combat de Penthésilée contre deux guerriers grecs. Il s'agit de fragments de la frise qui ornaient le fronton de temple d'Asklépios à Epidaure.

 

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Photo Michel Ledeuil: musée archéologique de Palerme

        

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Photo Michel Ledeuil : musée archéologique d'Athènes


Les deux photos ci-dessous représentent une fière Amazone s'apprêtant à tuer un lion qui attaque son cheval durant une scène de chasse.

Elle porte bizarrement un bonnet phrygien. Ceci est une allusion aux peuples de Phrygie qui rassemblent les Hittites, les Troyens et les Mysiens, mais tous les archéologues ne s’accordent pas sur ce regroupement.


On sent dans cette superbe statue** exposée devant le musée des Arts Anciens à Berlin, toute la détermination de la cavalière et nous espérons qu’elle va triompher du fauve. 

 

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Photo Michel Ledeuil : Alte museum à Berlin : Amazone

   

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Photo Michel Ledeuil : Alte museum à Berlin : Amazone

 

Les photos ci-dessous nous montrent plusieurs variantes de la même statue. Elles représentent une Amazone blessée qui essaie de retirer une flèche qu'elle a reçu et dans l'autre cas, une Amazone qui se prépare au combat.

 

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Photo Michel Ledeuil: Alte museum à Berlin

    

2014-Rome-790 musée Capitolin Amazone

Photo Michel Ledeuil : musée Capitolin à Rome