Pour apprécier la richesse des vestiges grecs et romains il est utile de connaître l'histoire de la Sicile sur la période allant de 2.000 av. J.-C. jusqu'à la conquête romaine en 200 av. J.-C.

 

  • Avant l’arrivée des Grecs en Sicile (2.000 – 735 av. J-C.).

Avant l’arrivée des Grecs, trois peuples se partagent la Sicile : Les Sicules, les Sicanes et les Élymes.
Les Sicanes sont les premiers habitants mais ils furent repoussés vers la partie occidentale de l’île, lors de l’arrivée des Sicules qui venaient d’Italie par le détroit de Messine.


Les Sicules occupèrent la partie la plus riche de la Sicile sur les pentes de l’Etna et jusqu’à Syracuse.
La légende homérique, reprise par les Romains, affirme que les Élymes sont des descendants des Troyens qui quittèrent, sous la conduite d’Enée, la ville avant sa destruction par les Achéens lors de la célèbre Guerre de Troie, donc vers 1250 av. J.-C.
Les Élymes créèrent deux villes Eryx et Ségeste. Au fil du temps, les Sicanes et les Élymes ne firent plus qu’un seul peuple.   

 

  • Les Grecs en Sicile (735 - 289 av. J-C.).

À partir de 735 av. J-C., date de la première colonie fondée par des Grecs en provenance de Chalcis, la Sicile qui se trouvait jusqu’ici à l’écart des routes commerciales méditerranéennes va participer pleinement à l’Histoire grecque, phénicienne puis romaine.
 
La colonisation de la Sicile a, au début, pour objectifs d’ouvrir des comptoirs pour le développement du négoce avec les populations locales et de construire des ports susceptibles d’abriter les navires de commerce qui remontent vers les villes Étrusques ou Ibériques.

C’est pour cette raison que toutes les villes construites à cette époque sont toutes des ports à l’exception d’Eryx et de Ségeste. Syracuse naît en 734 av. J.-C. grâce aux colons corinthiens, Catane en 729 av. J.-C. grâce à ceux provenant de Chalcis, Géla en 689 av. J.-C. fondée par les Rhodiens et les Crétois, Sélinonte en 650 av. J.-C. par les colons de Mégara, Agrigente (Akragas) en 582 av. J.-C. par les Rhodiens.

Vers 550 av. J-C. toute la côte orientale est ainsi colonisée par les Grecs, qui, par ailleurs, ont bâtis d’autres colonies dans toute la botte italienne dont le plus grand vestige est, aujourd’hui, la ville de Paestum située à quatre-vingts kilomètres au sud de Naples.

À cette époque, les rapports avec les populations non grecques : Sicanes, Sicules, Élymes et tout particulièrement avec les Carthaginois d’origine phénicienne, furent souvent très conflictuels, sans pour autant, dans un premier temps, nuire au commerce qui profitait à tout le monde.
L’occupation grecque se traduisit par ailleurs par une évolution des mentalités, des croyances et de l’urbanisme importé des villes de la Grèce antiques : Agora, zone portuaire, maisons à étage, échoppes, remparts, acropole, palais, sanctuaires, temples puis théâtre…  

L’arrivée de nouveaux colons grecs provoqua progressivement une extension vers l’intérieur des terres et de nouveaux rapports avec les Sicules qui furent souvent réduits à l’esclavage, à la manière des Ilotes à Sparte ou des serfs dans l’occident médiéval.
De grands travaux d’urbanisation furent sans doute nécessaires pour l’irrigation des terres car la Sicile devint à partir de cette époque, une région exportatrice de blé, de fruits et de vins.

Les affrontements entre les villes, les révoltes des premiers habitants, les interventions des autres puissances façonnèrent l’Histoire de la Sicile, la destruction des villes et le massacre de ses habitants et la chute de cette civilisation florissante au profit des Carthaginois, puis des Romains.

 

  • La courte période hellénistique en Sicile (289 - 278 av. J-C.).

Vers les années 450 av. J-C., Syracuse était, avec Athènes, le symbole de la démocratie. C’est pourtant Athènes, sous le règne de Périclès, qui attaqua Syracuse lors de l’interminable guerre dénommée “La Guerre du Péloponnèse” par les historiens.

Cette guerre de 30 ans (de 431 à 404 av. J.-C.) entre Sparte et Athènes embrasa tout le monde grec et provoqua sa chute au profit des Macédoniens.  

L’un des lointains descendants des héritiers d’Alexandre le Grand, Pyrrhus, le roi d’Épire intervint en Sicile. Il avait épousé la fille du tyran Agathocle de Syracuse lorsque ce dernier fut assassiné en 289 av. J.-C.


Pyrrhus après avoir battu les Romains près de Tarente, débarqua en 278 av. J-C. avec une armée de deux cents navires et de nombreuses troupes près de Taormina et perdit beaucoup d’hommes durant la traversée de l’épouvantable détroit de Messine.
Après deux ans de lutte sanglante, ce trublion dut se retirer de Sicile et mourut en essayant de prendre Argos.

 

  • La conquête romaine en Sicile (270-200 av. J-C.).

Lorsque le Tyran de Syracuse, Hiéron II conclut un accord avec les Carthaginois,  puis ensuite, en 263 av. J.-C., avec Rome, il entraîna sa ville et toute la Sicile dans la longue lutte qui opposèrent les deux grandes puissances.
Les guerres puniques qui se traduisirent au final par la destruction de Carthage, mirent fin à l'automie relative des états siciliens qui furent absorbés par l'Empire Romain.