Selon la légende, Achille est le fils de Pélée, le roi de Phthie et de Thétis, une Néréide. Il serait né à Larissa, la capitale actuelle de la Thessalie.  

A sa naissance, Thétis l’avait plongé dans le Styx pour qu’il devienne invulnérable. Cependant le talon par lequel le tient Thétis ne fût pas trempé dans le fleuve sacré et de ce fait, Achille restait mortel.

 

 

   

V14-ITG 440C Parme musée Thétis et AchillePhoto Michel Ledeuil : musée de Parme Thétis et Achille 

L’adolescence

Il est éduqué par le centaure Chiron qui lui apprend l’art de faire la guerre et la médecine. Durant son adolescence, son imprudente mère lui donna le choix entre une vie longue mais sans éclat ou une vie courte mais glorieuse. Le fougueux jeune homme choisit la deuxième proposition.

 

Achille se cache

Thétis consulta les oracles sur l’avenir de son fils. Ils affirmèrent que la ville de Troie ne serait jamais prise sans l’intervention d’Achille, mais qu’il serait tué au cours de la bataille. Effrayée par cette prédication, Thétis l’envoya se cacher à la cour du roi Lycomède dont il épousa secrètement la fille. Celle-ci lui donna un fils : Néoptolème connu également sous le nom de Pyrrhus.

 

Lorsque les Achéens décidèrent d’attaquer Troie, le devin Calchas leur rappela qu’ils leur seraient impossible de prendre la ville sans le secours d’Achille. Il leur indiqua le lieu de sa cachette.

Sur les conseils de sa mère, Achille se déguisa en femme pour ne pas être découvert, mais lorsque le rusé Ulysse arriva dans le Palais de Lycomède, il se présenta comme un colporteur qui vendait des armes et des bijoux. Les princesses choisirent les bijoux alors qu’Achille s’intéressa aux armes. C’est ainsi qu’il fût démasqué.  

 

Achille part à la guerre contre son gré

L’image du vaillant Achille est bien écornée, car il a peur de partir pour la guerre. Son ami Patrocle et sa garde rapprochée, les Myrmidons l’accompagnent. Lorsqu’ils rejoignent le champ de bataille, il y a déjà huit ans que les Achéens et la fabuleuse coalition de tous les peuples grecs butent contre les remparts de la ville.

Huit années d’escarmouches, de tueries, de trêves pour recueillir la dépouille des morts et les incinérer selon les pratiques funéraires de l’époque. La Troade résiste car elle a des alliés : Les Hittites, la Mysie, les Amazones, notamment qui craignent l’hégémonie des Grecs en cas de victoire.

Dès son arrivée, Achille souhaite une intervention rapide. Comme un oracle avait prédit qu’il serait impossible de prendre Troie tant que Troïlus, l’un des fils de Priam, serait en vie, il lui tend une embuscade et le tue alors que ce dernier abreuvait ses chevaux près d’une fontaine.

 

Achille participe aussi à la campagne contre le royaume de Mysie, la patrie de l’épouse d’Hector, Andromaque.  Ce royaume, allié de Troie est situé au sud de la Phrygie. La prise de sa capitale, Thèbes, donne lieu à de nombreux massacres et des prises d’otages qui sont emmenés en esclavage. Parmi ceux-ci, se trouve Chryséis, la fille de Chrysès, le prêtre du temple d’Apollon.  

C’est alors qu’une épidémie de peste s’abat sur l’armée grecque. Les soldats épuisés par leurs blessures, les privations, ne peuvent boire, sur le rivage dévasté, que de l’eau croupie.

Le devin Calchas déclara que ce fléau était envoyé par Apollon courroucé de l’affront qui lui était fait par la capture de Chryséis.

Achille et les autres chefs grecs sommèrent Agamemnon de libérer la jeune femme qui lui avait été donnée pour butin. Le chef achéen accepta de mauvaise grâce et décida alors, en représailles, d’enlever Briséis, une des jeunes captives confiées à Achille.

Ce dernier s’estimant offensé se retira des combats. L’origine de la dispute paraît tellement indigne de chefs, que l’on doit voir, au travers de ces événements, la mauvaise volonté d’Achille d’aller au combat. La prédiction des oracles sur son trépas sous les murs de Troie trotte dans sa tête.

Malgré les interventions de Patrocle et des autres chefs grecs, Achille refuse de reprendre le combat et boude dans sa tente. On le voit même jouer aux dès avec un autre chef de la coalition : Ajax.

 

La mort de Patrocle

Prévenus du retrait du Héros, les Troyens lancent une redoutable contre-attaque contre les Grecs affaiblis par leur division, la maladie et les privations.

Après plusieurs revers, Agamemnon se décide enfin à rendre Briséis et promet à Achille qu’il pourra partager sa couche avec vingt des plus belles femmes troyennes qui seront capturées.

Pourtant, Achille s’obstine. Il s’intéresse peu aux femmes et ses relations avec Patrocle vont sans doute au-delà d’une simple amitié.

Patrocle arrive tout de même à convaincre Achille de le laisser rejoindre le front avec ses Myrmidons. Achille conseilla à Patrocle d’endosser ses propres armes, pour semer la panique dans les armées adverses.

 

Patrocle se jeta dans la mêlée et massacra de nombreux Troyens, mais alors que ceux-ci refluaient vers les remparts, Hector, qui pensait combattre contre Achille, tua Patrocle d’un coup d’épée.

 

Aussitôt, les Grecs et les Troyens se disputèrent avec acharnement le corps de Patrocle qui avait été dépouillé des armes d’Achille.

Lorsqu’il apprend la mort de Patrocle, Achille rentra dans une colère épouvantable, frisant la démence. Il a perdu son ami et ses armes offerts par sa mère Thétis.

La mort de Patrocle marque, dans l’esprit d’Achille, un véritable tournant. Il ne pense plus qu’à se venger de l’amour perdu. Il se jette au milieu des combats et sa folie meurtrière dépasse l’entendement.


Il se bat et les Troyens refluent. Il invective Hector qu’il rend responsable de la mort de son ami, alors qu’il y a eu un combat loyal. Preuve qu’Achille et Patrocle étaient liés au-delà d’une simple amitié.

 

             melenas

Florence : Ménélas récupère le corps de Patrocle.
Photo Michel Ledeuil

Le combat entre Hector et Achille dura longtemps. Les Dieux n’étaient pas d’accord entre eux sur l’issue du combat. Aphrodite, Poséidon, Arès, Apollon, étaient favorables à la victoire d’Hector alors qu’Héra et Athéna voulaient sa perte.

Hector, après avoir fait mine de s’enfuir, revint à la charge. Le combat était indécis car Zeus tergiversait. C’est alors qu’Héra, si prude habituellement, se fit voluptueuse et détourna ainsi l’attention de son divin mari. Dès lors, Zeus, conquis, céda à ses caprices. Hector était perdu.

L’acharnement d’Achille qui attache à son char la dépouille du général troyen en lui transperçant les pieds et le traîne par trois fois autour des remparts de la ville puis jusqu’au pied du tombeau de Patrocle dénote, une fois de plus, que cette lutte n’est que vengeance contre l’homme qui a tué son ami.

Achille et Penthésilée

Après la mort d’Hector et son inhumation, la reine des Amazones Penthésilée participe à l’attaque du camp grec avec ses compagnes.

Après avoir envoyé plusieurs Grecs au royaume d’Hadès, elle se retrouve face à Achille et essaie de l’atteindre, mais son armure le rend invincible.   


Achille désarçonne l'intrépide cavalière qui est déjà blessée et il l'achève à l'aide de son javelot.

Achille prend alors le cadavre de Penthésilée dans ses bras et en tombe amoureux. Il s'écrit : pourquoi l'ai-je tué alors qu'elle aurait été ma reine !


La rencontre de Penthésilée avec Hector, le fils de Priam, son arrivée à Troie, l'attaque qu'elle mène contre les Grecs, sa mort et la réaction d'Achille sont contées dans le roman « le retour de Polycaste ».

        V12-ADK-3125 musée Thorvaldsen Achille et PenthésiléePhoto M. Ledeuil : musée Thorvalsden Achille et Penthésilée

 

Achille et Polyxène

Achille est un être bizarre, il est impossible de savoir s’il préférait le lit des femmes ou celui des hommes. Sa querelle avec Agamemnon à propos de Briséis ne veut pas dire pour autant que cette jolie servante fût sa maîtresse, par contre, sa souffrance, proche de la folie, à la mort de Patrocle et son désir de le venger permet de découvrir son inclination pour les garçons. Dans ces conditions, on peut imaginer l’étonnement des Argiens et des Troyens d’entendre Achille se lamenter devant le cadavre de la belle et valeureuse Penthésilée.

Quelle surprise également lorsque, deux jours plus tard, on le vit jeter, sans cesse, des regards langoureux en direction de la jolie Polyxène qui accompagnait son père dans le camp des Grecs. Priam venait réclamer le corps de la reine des Amazones pour lui faire les honneurs dus à son rang et ne l’obtint pas.

 

Les observateurs troyens, qui n’avaient pas été sans remarquer l’attitude d’Achille et la ressemblance physique entre la jeune fille et la reine défunte, échafaudèrent un plan.

Polyxène revint le lendemain au camp des Grecs, avec pour simple escorte, deux servantes. Elle fit cadeau à Achille, d’une statuette représentant Athéna-Pallas et fit en sorte que le fils de Thétis, tombe amoureux d’elle. Elle lui promit de se donner à lui s’il venait la voir, une nuit, dans le temple de la déesse, sans escorte, pour ne pas ébruiter, leur rencontre.

Achille s’étonnait de cette folie soudaine, mais, elle se fit si persuasive, si aguichante, qu’il céda. Il se savait invulnérable et Polyxène lui fit remarquer que nul soldat n’était autorisé à entrer dans le sanctuaire de la déesse vénérée.
Le guet-apens avait été conçu par Pâris. En cachette de Priam et de Cassandre. Alors que Polyxène, jeune écervelée, s’est prêtée, de plein gré, à ce jeu dangereux....

 

La mort d’Achille

enlevement de polyxene

Florence : l’enlèvement de Polyxène par le fils d’Achille
Photo Michel Ledeuil

      

Plusieurs hypothèses circulent autour de sa mort avec cependant un point commun. Achille a été tué par Pâris, d’une flèche dans le seul point qui était vulnérable : le talon.

 

Selon Ovide, Achille serait tombé dans un traquenard, dans le temple d’Apollon, au moment de son mariage avec la petite Polyxène.

 

Il était impossible de battre Achille en combat singulier. Son attitude incompréhensible après avoir tué la jeune reine des Amazones, indique un point de faiblesse qu’il faut exploiter.

 

Le fait que Polyxène ressemblât à Penthésilée n’est pas avéré, mais Néoptolème, le fils d’Achille va venger son père en immolant la jeune princesse sur le tombeau de son père.

 

Un tel acharnement contre Polyxène qu’il égorge sur le tombeau d’Achille ne pourrait s’expliquer autrement : Les Grecs la considèrent comme l’une des instigatrices du complot qui a entraîné la mort du Héros.

 

Cette hypothèse est reprise dans le deuxième chapitre du roman « le retour de Polycaste ». C’est en effet la seule plausible.