Anna Risi

Anna Risi a vécu à Rome dans le quartier de Trastevere. Elle était la femme d'un simple cordonnier et fut découverte par le peintre von Frederic Leighton qui cherchait un modèle qui alliait le romantisme et le profil méditerranéen.

Il réalisa de nombreux portraits d'elle à partir de 1858 avant qu'elle accepte de poser pour d'autres artistes comme Scarborough et surtout Feuerbach dont elle devint l'égérie.

Anna Risi - La Romaine  peinte par Scarborough

               



Ce tableau a été réalisé par Scarborough. Il est exposé au musée de Philadelphie.


Les cheveux épais et ondulés encadrent son visage méditerranéen avec un nez proéminent. Les cils sont soigneusement dessinés et le regard est profond.


Ses yeux bruns vous regardent sans vous voir, à la manière d'un chat, les paupières fardées de roses renforcent le contraste.



La bouche est merveilleusement dédaigneuse. Elle va pourtant sourire si vous avez le temps d'attendre qu'elle ait fini de poser pour l'artiste qui la convoite.



Elle est belle, vertueuse et cache sa curiosité derrière une barrière d'indifférence feinte. La main se porte vers son cou, vers le collier qui est le seul bijou dont elle se pare.



Aucune bague, aucun bracelet ne viennent orner ses bras qui semblent robustes. La robe elle-même est celle d'une simple bourgeoise romaine, mais le peintre a voulu y ajouter un drapé qui alourdit le tableau et nous force à porter notre attention sur le sublime visage d'Anna.



A l'arrière-plan, les boiseries en trompe-l'oeil sont typiquement italien et donne l'ambiance intime d'un intérieur cossu.


 

 

 

À partir de 1860, elle devient l’égérie du peintre Feuerbach. Elle quitta son mari et ses enfants pour vivre avec l’artiste pendant près de six années.

Elle devint le modèle unique du peintre qui réalisa une série de merveilleux portraits. Feuerbach disait d’elle qu’elle était la femme parfaite. Mais sans doute faisait-il allusion à son visage d’une si étrange beauté et peut-être aussi à la manière dont elle avait de s’enflammer.

 

Se sentir adulée la rendait orgueilleuse, insaisissable aux yeux des soupirants, versatile, capricieuse peut-être. Elle se lassa de cette idolâtrie puisqu’elle quitta l’artiste pour devenir le modèle d’autres peintres connus.

 

Et pourtant, elle n’eut plus le succès attendu. Elle comprit, un peu tard, que sa beauté provenait moins d’elle-même que de la sublimation qu’elle exerçait sur son ancien amant. Ce dernier, grâce à son talent, faisait de cette femme, une idole du romantisme.

 

Lorsqu’elle voulut reprendre avec lui, la liaison interrompue, Feuerbach qui n’avait pas apprécié son congédiement et l’infidélité d’Anna qui acceptait de poser pour d’autres artistes, la repoussa.

 

Le fabuleux portrait Nana*** a été réalisé en 1861 par Anselm Feuerbach. Il est exposé dans le magnifique musée Wallraf-Richartz, situé à Cologne et qui présente, par ailleurs, de nombreuses œuvres picturales.

 

 

      

V12-ADK-150-Wallraf-Portrait dAnna Risi

Photo Michel Ledeuil  :  musée Waltrap à Cologne  Nana

Présentation de deux autres œuvres réalisées par Feuerbach.


Anna Risi - Iphigénie en Tauride

 Anna Risi représente Iphigénie en Tauride 

 

   

Il s'agit d'Iphigénie en Tauride. La fille d'Agamemnon semble s'ennuyer. Elle rêvasse devant la mer, loin de son Péloponnèse natal.


Cette œuvre romantique n'est qu'un prétexte car on sait que malgré les dénégations des tragédiens comme Euripide, Iphigénie n'a pas été remplacée par une biche sur l'autel de sacrifice d'Artémis et qu'elle n'est donc jamais partie en Tauride.


L'autre œuvre est exposée dans l'Alte Galerie à Berlin. Une fois de plus, l'artiste semble fasciné par le merveilleux profil d'Anna. La pose est classique. Anna est vêtue d'un corsage ample qui permet de développer le drapé cher au peintre.


La belle silhouette de la jeune femme est rehaussée par des bijoux : bague, bracelet, collier et boucles d'oreille.


            

V12BER-1560 Nana

Photo Michel Ledeuil: Anna Risi Alte galerie à Berlin