Catarina Cornaro

Caterina Cornaro est née en 1454. Elle est issue d’une grande famille vénitienne qui donna quatre Doges à la Sérénissime. Son père, Marco Cornaro était Chevalier du Saint-Empire Romain Germanique et devint Patrice de Venise après son mariage avec Florence Crispo.


 

Caterina Cornaro est née en 1454. Elle est issue d’une grande famille vénitienne qui donna quatre Doges à la Sérénissime. Son père, Marco Cornaro était Chevalier du Saint-Empire Romain Germanique et devint Patrice de Venise après son mariage avec Florence Crispo.

Elle est la plus jeune sœur de Gorgio Cornaro né en 1452. Depuis longtemps, sa famille disposait de comptoirs à Chypre qui lui permettait de jouir du commerce florissant des nombreux produits et épices en provenance de l’Orient.


Son histoire.

Cette belle princesse vénitienne était donc un beau parti. Elle avait quinze ans à peine lorsqu’elle fût demandée en mariage par Jacques II, roi de Chypre. En contrepartie, la Sérénissime lui fit signer un acte par lequel il s’engageait à remettre le royaume à Venise au cas où il mourrait sans descendance.

Cet engagement, moyennant finance, n’a pas dû le troubler, compte-tenu de l’âge de sa tendre épouse. Les malheurs de Caterina débutèrent peu de temps après. En effet, Jacques mourut quelques mois plus tard, d’une maladie soudaine, alors qu’elle attendait son fils.

La mort du roi et le risque pour la population de se retrouver sous le contrôle de Venise, à cause de cette princesse, provoquèrent des émeutes sanglantes que Caterina dut réprimer.

 

Elle perdit ensuite son fils, Jacques III âgé de deux ans et son pouvoir déjà fictif se résuma à la tenue de son palais. L’île était convoitée par les Mamelucks qui régnaient désormais sur l’Égypte et la Palestine après s’être défaits du joug du Sultan ottoman.

Craignant de perdre l’avantage que lui conféraient les événements, Venise la força à abdiquer le 14 mars 1489, à la suite d’un rapide coup de force.

La ville lui proposa, comme maigre compensation, le palais Corner où elle mourut à cinquante-six ans.

 

Caterina peinte par les artistes.

De retour à Venise, l’ex-reine de Chypre mena une vie somptueuse qui attira les artistes car sa famille était l’une des plus puissantes de la Sérénissime et la prise de contrôle de Chypre avait encore accrue sa richesse.

 

Les plus grands peintres de l’époque comme Bellini ou le Titien ont réalisé son portrait.

Ce tableau, très stéréotypé, a été réalisé par le Titien. Il est exposé dans la galerie des Offices à Florence.

 

Catarina, bien que reine déchue, porte une couronne et un voile qui couvre en grande partie sa chevelure blond vénitien. 

Les habits sont somptueux. Catarina, qui a pris de l'embonpoint, regarde de biais le spectateur, mais le visage n'exprime aucun sentiment.

 

 

                   Image1

 

Caterina Cornaro chassée de Chypre

photo Michel Ledeuil. Galerie Carrera à Bergame.

              

Ce magnifique tableau, réalisé par Francesco Hayez, au dix-neuvième siècle, est exposé dans la galerie Carrara à Bergame. Elle est malheureusement fermée depuis plus d’un an pour travaux et cela risque de durer longtemps.

 

Cette peinture représente la déposition de la reine Caterina Cornaro qui doit quitter Chypre.

Nous pouvons admirer le travail psychologique de l’artiste. Il a merveilleusement traduit la réaction de chacun des personnages, devant cet événement poignant.

 

Le messager du Doge, d’un geste sans équivoque, désigne la fenêtre semi-ouverte par laquelle on peut apercevoir le port. La Reine est parée de tous ses atours et montre à la fois sa détermination et sa crainte de se voir chassée de son palais.

 

 

Derrière elle, les servantes assistent à la scène, sans aucune compassion pour Caterina. L'une d'entre elles lui jette un regard méprisant et semble secrètement se réjouir de voir son ex-maîtresse avilie de la sorte.

À l’autre extrémité, une servante naine et mulâtresse apporte le thé selon le protocole qui va disparaître dans un instant, pour démontrer la soudaineté de l'épreuve qui attend la reine.

 

La gestuelle et le contraste des coloris, la sobriété du décor, contribuent à donner à la scène toute sa puissance dramatique. Nous sommes très loin des portraits officiels des peintres de cour.