Pandore

Pandore fut créée sur l'ordre de Zeus qui voulait se venger des hommes pour le vol du feu par Prométhée. Elle fut ainsi fabriquée dans de l'argile par Héphaïstos. Athéna lui donna ensuite la vie, lui apprit l'habileté manuelle (elle lui apprit entre autres l'art du tissage) et l'habilla.

 

Aphrodite lui donna la beauté, Apollon lui donna le talent musical, Hermès lui apprit le mensonge et l'art de la persuasion, enfin Héra lui donna la curiosité et la jalousie.

La boîte de Pandore

Zeus offrit la main de Pandore à Epiméthée, frère de Prométhée. Bien qu'il eût promis à Prométhée de refuser les cadeaux venant de Zeus, Épiméthée accepta Pandore.


Pandore apporta dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdit d'ouvrir. Celle-ci contenait tous les maux de l'humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion, ainsi que l'Espérance.


Une fois installée comme épouse, Pandore céda à la curiosité qu'Héra lui avait donnée et ouvrit la boîte, libérant ainsi les maux qui y étaient contenus. Elle voulut précipitamment refermer la boîte pour les retenir mais il était hélas trop tard. Seule l'Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée, mais est-ce vraiment l’Espérance ?

La jarre d’Homère

Dans l'Iliade, Homère, dans les vers 527 et suivants, raconte que dans la maison de Zeus, il y avait deux jarres, l'une enfermant les biens, l'autre les maux.


La raison de la présence de l'Espérance parmi les maux est surprenante. N’est-elle pas due à une traduction hâtive du mot grec ἐλπίς qui se définit comme l'attente de quelque chose. N’est-ce pas plutôt l'appréhension, voire la crainte irraisonnée qui serait restée enfermée dans la jarre ?

Grâce à la fermeture opportune de la jarre par Pandore, l'humanité ne souffrira que des maux et non pas de l'attente de ces maux, qui est probablement le pire de tous.

La leçon à tirer

"Ouvrir la boite de Pandore" signifie dans le langage populaire "Déclencher une série d'événements successifs et désastreux" ou plus généralement "aller au devant de grosses difficultés".

 

Mais pourquoi Pandore que l’on présente souvent comme une femme malfaisante alors qu’elle ne fût que la manipulation de Zeus nous a-t-elle laissé la crainte de l’avenir ? Sans doute Zeus a-t-il souhaité maintenir ainsi les hommes craintifs et dépendants des Dieux.

Pandore et les artistes

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Ouvrir la boîte de Pandore est devenue une expression usuelle. Elle a inspiré de nombreux artistes parmi lesquels l’un des grands peintres préraphaélites John William Waterhouse.


Dans ce magnifique tableau datant de 1896, il a représenté la jeune femme vaporeuse et craintive.


On la sent partager entre le fruit du défendu et la curiosité.
C’est d’ailleurs pourquoi elle soulève à peine le couvercle. Mais déjà, tous les maux se répandent.


L’artiste l’a représenté dans une forêt et dans une ambiance médiévale propre aux préraphaélites. La boîte a été posée sur un autel devant lequel elle est agenouillée.


L’humanité va désormais devoir prier les Dieux pour détourner les calamités qui règnent au gré des divinités sur la terre.

 

 

 

Cette toile est exposée dans la galerie d'art contemporain du musée du château de Gottorf à Schleswig.

 

Cette provocation correspond bien à celle qu'on voulut faire les Dieux de l'Olympe en fabriquant la femme idéale qui deviendra à ses dépens la femme fatale qui va répandre tous les maux sur l'humanité.

   

La jeune femme sort de sa boîte, bronzée et dénudée mais non provocante.

Elle nous laisse la contempler et elle ne sait pas encore que les Dieux vont faire d'elle un merveilleux appât.

           

Pandore à la plage musée de Gottorf

Photo Michel Ledeuil musée de Gottorf à Schleswig