Mistra

Mistra est l’un des sites le plus visités du Péloponnèse. La vieille ville abandonnée depuis 1770, présente un très grand nombre d’églises byzantines perdues dans la végétation, deux monastères, un couvent, le Palais des Despotes et une forteresse érigée par Guillaume de Villehardouin.  

 

 

 

 

 

          

V12ITG-2985 Mystra dernière églisePhoto Michel Ledeuil : église byzantine à Mistra

 

 



        

V12ITG-2975 Mystra fresquesPhoto Michel Ledeuil : fresque à Mistra


Préparer son séjour

Mistra est située à côté de Sparte. La ville de Sparte ne présente aucun vestige qui mérite d’être évoqué.
Il y a des hôtels et un camping à côté de Mistra mais il est préférable de passer sa soirée sur la côte, à proximité ou dans la ville de Ghythio.  

 

La ville de Ghythio dispose d'hôtels bon marché avec vue sur le port et les nombreuses tavernes situées sur le bord de mer servent des plats classiques pour un prix raisonnable.

À l’est de Ghythio, une belle plage déserte vous permet de passer quelques heures agréables après la visite éprouvante de Mistra.

 

2013-ITAL 1730 Gythio restaurant et poulpesPhoto Michel Ledeuil: une taverne à Ghythio

        

V14-ITG 2410 Gytheio le navire échouéPhoto Michel Ledeuil : plage aux environs de Ghythio

 

Préparer sa visite

La visite complète de Mistra nécessite de l’ordre de 3 heures et demie si vous voulez voir les différents édifices. Pour passer d’un monastère à l’autre et pour découvrir le Palais des Despotes, il faut gravir de nombreuses pentes par des chemins pierreux ou des escaliers.

Si vous n’êtes pas préparé à une visite fatigante, le mieux est de se faire déposer par taxi ou avec un bus si vous êtes en groupe, devant l’entrée située à la mi-hauteur de la ville.

 

Vous pourrez alors descendre vers l’entrée principale en découvrant tour à tour Sainte Sophie, le palais des Despotes et la porte de Nauplie, Saint-Nicolas, le couvent de la Pantanassa et terminer par la métropole et son musée.

Il est inutile de vouloir absolument découvrir tous les très nombreux édifices de la ville. Il vaut mieux se consacrer à ceux que j’ai indiqués dans cet article.

 

La montée vers le château de Villehardouin est très éprouvante et ne vous apportera pas grand-chose, ni pour la vue, ni sur l’architecture militaire. De nombreuses forteresses datant de la même époque, celle de l’occupation de la Morée par les Francs, peuvent être vues dans le Péloponnèse. Les mieux conservés se situent à Argos (Larissa**), à Pylos (le château des Avars**), à Chlemoutsi près de Kilini, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Patras. 

       

Il est préférable de visiter le site de très bonne heure le matin. L’après-midi la chaleur est très éprouvante et vous perdez le plaisir de la visite. Penser à emmener une bouteille d’eau.


L’histoire de Mistra

La période Franque (1204 – 1349)

Geoffroi Ier de Villehardouin est un noble français originaire du comté de Champagne qui prit part à la quatrième croisade mais ne participa pas à la prise et au sac de Constantinople en 1204.
En apprenant la prise de Constantinople et la répartition en Principautés que se faisaient les anciens Croisés de la Grèce Centrale, il débarqua à Méthoni.


Il partit à la conquête du Péloponnèse et se fixa à Kalamata. Il renforce alors son pouvoir par la construction ou à la rénovation de nombreux châteaux (Monemvasía, Kyparissia) et il s’attribua le titre de prince d’Achaïe en 1210.


Cette principauté d’Achaïe, bien qu’en théorie vassal de l’Empire latin de Constantinople, était un territoire indépendant.
Il réussit à étendre les frontières de sa principauté à l’ensemble du Péloponnèse qu’il divisa suivant le système féodal d’Europe occidentale en douze baronnies. Si ses relations avec les seigneurs locaux furent bonnes, celles qu’il entretint avec l’Église d’Achaïe furent longtemps tendues car l’Église byzantine considérait les anciens croisés comme des usurpateurs.


Guillaume II de Villehardouin est de deuxième fils de Geoffroi Ier. En tant que cadet, il reçut en apanage la baronnie de Kalamata, puis devint prince d'Achaïe à la mort de son frère aîné. Il entreprit rapidement la conquête de la partie du Péloponnèse restant encore aux mains des Grecs. En 1248 il fit construire la ville et le château de Mistra dont il fit sa capitale.
Néanmoins, il fut battu et fait prisonnier par les Byzantins en 1259. Libéré après le paiement de sa rançon quatre ans plus tard, il essaya en vain de reprendre la ville fortifiée de Mistra.

   
La période byzantine (1349 – 1460)

Grâce aux dissensions entre les barons francs, les Byzantins reprirent progressivement la plus grande partie du Péloponnèse. Les ports de Pylos, Koroni, Méthoni restaient cependant entre les mains de Vénitiens.


À partir de 1349, la région fut gouvernée par un Despote, c’est-à-dire par un membre de la famille de l’Empereur byzantin. Mistra se développa durant cette période avec la présence de nombreux philosophes et d’artistes. L’industrie de la soie y prospérait et le développement de la riche plaine agricole voisine permit un rayonnement particulier de Mistra.

  
Le long déclin (1460 – 1770)

La ville fût prise par les Turcs ottomans en 1460, puis par les Vénitiens de 1687 à 1715 avant de connaître à nouveau la domination turque. Elle déclina progressivement et la vieille ville fut incendiée en 1770 par des hordes albanaises installées depuis une décennie dans la région.
Elle fut abandonnée par ses habitants qui s’installèrent dans la plaine ou à Sparte. Sans argent et sans habitants, les monuments de la ville tombèrent en ruine.

    
La visite des édifices

Lorsque vous pénétrez par l’entrée principale, vous commencez la visite par la Métropole** et son petit musée qui rassemble sur deux étages différents objets trouvés sur le site.  
C’est aussi l’occasion de découvrir le vaste panorama qui s’étend sur la plaine de Sparte et les montagnes qui bordent au nord et à l’ouest l’Achaïe. 

 

V12ITG-2925 MystraPhoto Michel Ledeuil : Mistra vue générale de la Métropole

        

V12ITG-2965 Mystra vue sur la plaine de SpartePhoto Michel Ledeuil : Mistra vue de la plaine à partir de la Métropole 

 

Vous pouvez ensuite soit visiter le monastère de la Peribletos**, soit monter par un chemin pierreux en direction du Monastère de Vrontochion**.   
Laissez-vous prendre par l’atmosphère particulière de Mistra, sans chercher à découvrir une belle église byzantine ou une belle fresque.
La visite de Mistra se conçoit comme une sorte d’aventure et de jeu de piste.

Pour se repérer, il vous faut un bon plan du site et vous déambulez d’une église byzantine à l’autre. La visite des églises vous permet d’ailleurs de trouver la fraîcheur et de faire une pause.

 

V12ITG-2970 Mystra vue sur lautre églisePhoto Michel Ledeuil : Mistra églises byzantines

         

V12ITG-2940 intérieur déglisePhoto Michel Ledeuil : Mistra intérieur d'une des églises byzantines

 

 

V12ITG-2945B intérieur déglise coupole

Photo Michel Ledeuil : Mistra fresques dans une coupole de l'église byzantine

         

V12ITG-2950 Mystra fresques

Photo Michel Ledeuil : Mistra fresques dans une église byzantine

 

Vous arrivez ensuite à proximité du Palais des Despotes qui est depuis plus de dix ans en restauration (ça avance !). Il ne se visite pas encore et l’ensemble des bâtiments qu’il constitue n’a rien d’extraordinaire. Il n’est pas sûr d’ailleurs que les restaurations entreprises soient dans le strict respect de l’histoire au niveau de la toiture notamment.

 

V12ITG-3000 Mystra palais des despotesPhoto Michel Ledeuil : Mistra le palais des Despotes en restauration

          

V12ITG-2995 Mystra retour vers le monastèrePhoto Michel Ledeuil : Mistra dans le monastère de Vrontochion.  

 

 

V12ITG-2985 Mystra dernière églisePhoto Michel Ledeuil : Mistra église Byzantine

V12ITG-3005 Mystra vue vers la sortiePhoto Michel Ledeuil : Mistra vue plongeante vers la Métropole

 

Vous poursuivez votre visite par la belle église Saint-Nicolas. En continuant en direction du couvent de la Pantanassa***, vous avez une belle vue sur la Métropole et sur le clocher du couvent qui se trouve blotti dans un magnifique espace de verdure.


Le couvent est encore habité par quelques nonnes qui aiment les chats et qui soignent leur jardin d’agrément.
L’église et les fresques qui décorent l’ensemble du chœur et la nef forment un ensemble superbe.  C’est, de mon point de vue, le plus bel endroit du site.

 

V12ITG-3010 Mystra vue vers le monastère des femmesPhoto Michel Ledeuil : Mistra vue en direction du couvent de la Pantanassa

         

V12ITG-3015 Mystra monastère des femmesPhoto Michel Ledeuil : Mistra le logis des nonnes du couvent de la Pantanassa

 

 

V12ITG-3030 Mystra monastère des femmes églisePhoto Michel Ledeuil : Mistra l'interieur de l'église du couvent de la Pantanassa

V12ITG-3035 Mystra monastère des femmes église fresquesPhoto Michel Ledeuil : Mistra fresques de l'église du couvent de la Pantanassa

 

Si vous n’êtes pas encore trop fatigué, vous terminerez votre visite par le monastère de la Peribletos**. L’intérieur de l’église est décoré de fresques qui sont les mieux conservées de Mistra.


Conclusion

Pour effectuer une visite agréable de l’ensemble du site, il vous faut bien calculer le temps disponible et ne pas essayer de tout voir a priori.
Il est préférable de se fixer la visite de la Métropole** et des églises* qui parsèment votre cheminement jusqu’au monastère de Vrontochion*.


Vous passez rapidement devant le Palais des Despotes* qu’il ne faut pas confondre avec le château de Villehardouin situé au sommet de la colline avant de reprendre le chemin du couvent de la Pantanassa***.


Il n’y a rien à voir d’extraordinaire sur le site de Mistra. Il est préférable de déambuler, à son rythme, d’une église à l’autre et de découvrir les superbes échappées proposées par les chemins tortueux et pentus.

 

Poursuivre son voyage

Après la visite de Mistra, vous pouvez rejoindre la petite ville de Ghythio pour profiter des plages situées à proximité, des tavernes et faire une balade jusqu'à la presqu'île en direction du phare.

Selon le mythe, c'est à cet endroit que la reine de Sparte, Hélène de Troie aurait été enlévée par Pâris, le fils de Priam.


À partir de Ghythio, il faut rejoindre Pylos en passant par la route** en corniche qui va du Grand Magne à Kalamata.


Vous pouvez également aller jusqu'à Monemvasía mais je trouve que cette longue expédition en direction de cette bourgade ne vaut pas le coup. Il vaut mieux passer une journée de plus à Pylos***.

 

2013-ITAL 1710 Gythio presquîle et léglisePhoto Michel Ledeuil : Ghythio le port et la presqu'île avec sa chapelle

        

2013-ITAL 1745 Gythio le port vu de lhôtelPhoto Michel Ledeuil : Ghythio le port et le bord de mer